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1 janvier 2016 5 01 /01 /janvier /2016 11:15

Chers amoureux du voyage,

La partie carnets de voyage (ci-dessous) est momentanément en suspens, cependant les rubriques " La boîte à outils du voyageur " / " Curieux " et "Insolite" sont en constant développement.

Ce blog, au départ fondé dans un esprit carnet de voyages afin de partager mes aventures àUn monde solidaire  l'étranger, est petit à petit devenu un site d’informations pratiques pour le voyageur (coût de la vie à l’étranger, bons et mauvais plans, liens utiles pour préparer son voyage...) et tend aujourdhui à faire connaître le tourisme alternatif (participatif, solidaire, écotourisme...) ainsi que l'économie sociale et solidaire. Défenseurs, acteurs ou simples rêveurs d’un monde plus solidaire et responsable, vos articles sont les bienvenus sur ce site.

J’en profite pour souhaiter une très belle année à tous et... n’attendez pas pour réaliser vos rêves ! La vie est trop courte pour se payer l'illusion ou l'inconfort d'attendre le bon moment...

Rendez-vous très prochainement pour des news venues tout droit des États-Unis... 

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Ecrit par Marie-Pierre Lavilgrand - dans L'instant solidaire
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20 décembre 2012 4 20 /12 /décembre /2012 23:00

Portraits 1Nous voilà au terme de notre périple en Asie du Sud Est, Amérique centrale et Caraïbes.

Ces mois de vadrouille ont été l’occasion de remettre certaines choses en question et de réaliser à quel point il est important de profiter de l’instant présent, et de parvenir à lâcher prise sur des petites choses du quotidien qui finissent par nous bouffer la vie sans même qu’on prenne le temps de s’en rendre compte...

Nous avons traversé maints paysages bucoliques, fait de chouettes rencontres et passé de délicieux instants Portraits 3 en présence de gens fort chaleureux. Les rencontres que l’on peut faire en voyage ont quelque chose de particulier, l'autre n'a pas de passé ni d'avenir (du moins cela importe peu dans l'instant), il n'y a que le présent entre vous et l'autre et les âmes se rencontrent. On est au plus proche de l'autre, il n'y a rien à prouver, les rencontres sont "vraies" car l'instant est éphémère et on va au plus près des choses.

La magie du voyage c'est la découverte d'une autre culture, de nouveaux horizons, de pensées et modes de vie différents. Le voyage est le seul moment où je parviens à retrouver ce regard si particulier qu'ont les bébés : fasciné et captivé par la découverte du monde. Voyager nous offre l’occasion d'abandonner nos certitudes et nos repères dans un lieu inconnu, où l'on arrive à boire sans lassitude le monde qui nous entoure, et accueillir la différence avec un autre regard. Cette différence (de culture, de couleur de peau, de religion...) et particulièrement son acceptation, est la plus grande richesse que puisse répandre l'Homme car elle invite naturellement au respect d'autrui (son mode de vie, ses convictions, sa sexualité...). Avide de cette différence, j'aime sentir le souffle de ce vent nouveau qui s'engouffre dans mes poumons, et m'invite à penser le monde et les gens autrement que dans l'étroitesse de la routine quotidienne, qui domine nos vies et enchaine bon nombre d'entre nous...

Au terme de cette aventure je souhaite adresser quelques remerciements :

Merci aux costaricains qui vous accueillent sur leur terre au son de la « Pura Vida », symbole d´une philosophie de vie simple mais heureuse : jouir de son temps de vie sur Terre, en profitant des bonnes fortunes. Au Costa Rica (un des rares pays démocratiques au monde à fonctionner sans armée), on prend simplement le temps de vivre... et avec le sourire s’il vous plaît...

Merci aux cubains pour leur gentillesse et leur chaleur malgré leur condition de vie difficile...

Merci à vous Yamile et la China pour votre bienveillance et nous avoir considéré comme des membres de votre famille... Puissiez-vous belles dames, un jour parvenir à la vie dont vous rêvez...

Merci à la Pachamama d'être aussi belle, généreuse et ressourçante.

Merci à nos potes sri lankais (Maana, Sudesh, Yohann and co) pour ces excellents bœufs musicaux partagés avec nous sur fond d’arak...

Merci aux femmes du village de Talisay pour cet échange délicieux et leur joie de vivre si intense.

Merci aux philippins pour leur hospitalité sans égal, les nombreux sourires et la chaleur humaine généreusement partagés, un pur bonheur...

Merci à Kao pour la merveilleuse soirée cambodgienne passée au nouvel an. Puisse la vie te rendre la bonté dont tu fais preuve avec une détermination sans frontières...Portraits 4

Merci à toi Ngieng, ta femme Ae et ses sœurs pour nous avoir invité à passer un joyeux moment au sein de votre famille et appris à danser lao, avec une certaine pédagogie en dépit des gentilles moqueries et de la "barrière" de la langue qui nous est totalement étrangère... 

Merci aux cambodgiens pour leur façon roots de faire les choses...

Merci à Eddy, Jose et l’aimable inconnu pour leur aide dans nos galères de transport.

Merci à toi Pres pour nous avoir spontanément invité à fêter ton anniversaire (on ne peut plus mémorable...) à peine débarquées de l'avion dans un quartier manillais aussi gloque... et également pour le respect dont tu fais preuve avec délicatesse à l’égard d’autrui.

Merci à toi philippine au déhanché atypique et au rire très communicatif pour avoir enflammé cette excellente soirée.

Merci aux restaurateurs sri lankais peu scrupuleux de servir aux clients de la nourriture avariée...

Merci à Kham pour cette superbe journée sur la rivière Nam Song.

Merci à Jose, dévoué et bourré d’humour pour nous avoir accueillis avec autant de chaleur.

Merci aux thaïlandais pour leur écriture en forme de nouilles faisant l'amour, et pour leur sourire qu'ils partagent sans limites, excepté dans les îles saturées de touristes.

Merci à toi costarician "Georges de la jungle", pour ton côté altruiste et ta générosité.

Merci à toi Saysamone pour ta profonde sagesse et ta bienveillance envers autrui.

Merci aux vietnamiens et aux sri lankais pour leur conduite on ne peut plus ahurissante... (âmes sensibles s'abstenir !)

Merci à Despina et Adam pour cette belle soirée à refaire le monde sous le ciel étoilé de la petite crique d'Anda.

Merci aux fidèles lecteurs, dont Annie que je n’ai pas le plaisir de connaitre.

Merci à la vie...

Ça vaut vraiment le coup de s’arrêter un instant sur sa vie, pour parvenir à descendre de ce train-train quotidien qui nous absorbe dans l'oubli de nos rêves... Puissiez-vous réaliser les vôtres =) 

 

Portraits 2

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Ecrit par Marie-Pierre Lavilgrand - dans Carnets de voyages
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2 août 2012 4 02 /08 /août /2012 11:06

Sous une pluie battante nous prenons la route pour Santa Clara, haut lieu de l’histoire révolutionnaire Checubaine, situé au centre de l’île. Nous nous arrêtons sur la célèbre Place de la Révolution où est érigée une immense statue du Che, et autour de laquelle nous apercevons une grande pancarte signée des frères Castro et adressée au peuple : « Nous voulons que vous soyez comme le Che ! ». Nous atterrissons dans le meilleur resto de la ville (selon le Guide du Croutard) blindé de touristes, au personnel désagréable et dont la nourriture finira par nous rendre malades... Seule la dame pipi a conservé un peu de chaleur humaine dans cet univers froid et impersonnel; après un échange fort sympathique et quelques éclats de rire, elle finit par me demander si je suis bolivienne (on m’a déjà prise pour une marocaine, brésilienne, espagnole, antillaise, argentine ou cubaine mais jamais pour une bolivienne). Nous lui faisons un bisou et continuons notre route en direction de Varadero sur la côte Atlantique de l’île; les piétons traversent l’autoroute à deux à l’heure sans se soucier un instant de la vive allure des véhicules...

Après une dure journée nous arrivons à Varadero, temple du tourisme de masse concentrant les fidèles abonnés aux formules tout inclus, et où l’on se croirait n’importe où sauf à Cuba... Ce n’est pas trop notre tasse de thé... même si nous y apprécions les magnifiques plages aux eaux azur ou émeraude; les belles vieilles voitures américaines paradent dans les rues de la ville et baladent les touristes friqués qui écument les marchés artisanaux hors de prix. Nous jouissons d’un dîner avec alcool à volonté offert par l’hôtel en guise d’excuses (il faut savoir que les réservations et paiements en ligne sur une majorité de sites internet cubains n’aboutissent pas ou peu : sous l’effet du blocus économique et commercial visant à provoquer l’asphyxie économique du pays, les réservations sont court-circuitées par les Etats-Unis et les cubains ne voient jamais la couleur de l’argent...) Le soir, concerts et spectacles animent chaque recoin de la ville, un cubain nous fait un solo avec une bouteille de bière en guise de flûte... Après un agréable petit bain matinal (à l’heure où les touristes dorment encore), nous quittons Varadero pour nous évader dans la campagne cubaine...

Lors de notre halte à la Havane nous déjeunons dans un resto où certains murs sont ornés de photos de Fidel Castro en compagnie du Che et du personnel du resto. Nous apprenons sur une chaine tv locale qu’une grosse tempête se balade danCuba - Varaderos les Caraïbes et que certaines villes par lesquelles nous sommes passés peu de temps auparavant sont inondées et coupées du reste du pays. Nous lâchons mes parents à l’aéroport où un cubain qui gère les files d’attente et étiquettes bagages d’Air France, picole son cocktail au snack d’à côté entre deux passagers... Un gros orage éclate, laissant s’échapper des cris de femmes surprises, il est temps pour nous de filer vers l’Ouest. Le temps est maussade, il pleut des trombes, de nombreuses colonnes d’éclairs se dessinent dans le ciel, les canalisations débordent et le bas-côté est inondé.

Arrivées à Viñales nous faisons une halte au balcón, où nous savourons une bière fraiche devant un panorama époustouflant sur la vallée verdoyante parsemée d’impressionnants pains de sucre appelés mogotes. Viñales est un charmant petit village niché au creux d’une nature bucolique peuplée d’arbres aux couleurs éclatantes, de mogotes et de champs et casas de tabaco (hautes et curieuses maisons entièrement conçues en bois et feuilles de palmier royal, au grand toit pentu, où sèchent les feuilles de tabac qui font vivre de nombreuses familles de la région). Le village de Viñales abrite des petites maisons paysannes traditionnelles en bois peint de couleurs vives, aux toits de palme et aux vérandas équipées de rocking-chair invitant au repos. Déambuler dans les ruelles vivantes et colorées de cet endroit simple et populaire, baigné d’une étrange douceur de vivre, s’avère être un vrai plaisir... J’ai trouvé mon petit coin de paradis cubain, loin du pseudo paradis surfait de Varadero, adulé par bon nombre de tours opérateurs. Nous déjeunons dans un resto créole entièrement fait de bois, où des musiciens viennent jouer des airs romantiques à notre table. La casa où nous nous installons, située en pleine campagne, est tenue par une jeune femme naturelle, au caractère bien trempé et un brin déjantée, qui malgré les épreuves qu’elle a enduré, exprime une joie de vivre très communicative... Ses parents, vivant à ses côtés, sont des gens très simples et adorables comme tout; nous dînons devant un pur décor de mogotes entourés d’une végétation luxuriante, inondée par la chaude lumière du soleil couchant.

Le lendemain nous partons en balade aux côtés de Yainel, un paysan sympa, doté d’une belle Cuba - Viñalesgueule mais pas délicat pour un sous. Une fois montées à bord de sa charrette tape-cul, son cheval (Mojito), qui n’en fait qu’à sa tête, embraye le pas pour une chouette journée à travers un décor intact et paisible, où il n’est pas rare de croiser des charrues à bœufs (el tractor natural !), des attelages à cheval et des "macheteros" à l’œuvre dans les plantations de canne à sucre. La nature verdoyante bordée d’une terre rouge tantôt ocre, est jonchée de plantations de tabac, manioc, songe, patate douce, bambous, bananes et cocotiers. Mojito peine parfois à avancer dans la boue engendrée par les intenses pluies qui se sont abattues sur l’île ces derniers jours. Nous nous arrêtons à la case d’un paysan qui nous dévoile la fabrication du cigare artisanal (les meilleurs cigares de Cuba sont produits à Viñales, et 90% de la fabrication part au gouvernement, les 10% restants aux locaux de la région). Dans le cigare que fument les locaux, la tige centrale (qui contient la nicotine) est extraite et les feuilles de tabac macèrent 45 jours dans un jus à base d’ananas, citron et autres fruits. Après plusieurs procédés naturels et une fois les feuilles séchées, au bout de trois mois le cigare est roulé et collé avec du miel. Seul cigare que j’ai apprécié de fumer, il est très doux et ne dégage pas cette odeur nauséabonde des cigares industriels. Trois hommes nous préparent un délicieux jus de canne qui me rappelle mon enfance, à l’aide d’une presse à main à l’ancienne, pendant qu’un autre nous fait déguster le cocktail des paysans ("coco loco", autrement dit : coco fou) à base de rhum, jus d’ananas frais et miel, le tout servit dans une noix de coco. Les poules du coin en raffolent et n’hésitent pas dès qu’on a le dos tourné, à plonger leur tête jusqu’à la faire disparaitre dans les noix de coco afin de savourer ce doux breuvage... Un touriste nous apprend que Trinidad est sous les eaux, nous poursuivons notre balade vers une grotte karstique, au retour Mojito, pressé de rentrer chez lui, file à une vive allure, nos mains et fesses nous font un mal de chien.

Le soir, dans le jardin tropical doté d’un hamac, nous assistons à un concerto en ré mineur de grenouilles bien en forme... je suppose sous l’effet de la pleine lune. Le lendemain, par une beCuba - Cayo Coco (Playa del Pilar)lle matinée ensoleillée, nous poursuivons notre découverte de la région, la route que nous empruntons est magnifique : un fin filet de nuages caresse la cime des pains de sucre servant de toile de fond à des petites cases créoles colorées aux jardins fleuris, devant lesquels des paysans labourent la terre avec leurs bœufs. Arrivées au Cayo Jutias (petit ilôt), nous nous installons dans un petit coin tranquille, sous une paillote posée sur une plage de sable blanc aux eaux turquoises, où nous apprécions un panaché frais suivi d’un agréable bain dans une eau limpide presque trop chaude. Notre séjour cubain s’achève sur cette matinée enchanteresse. Adíos Cuba ! Demain nous repartons pour la France après 7 mois de vadrouille, le temps passe résolument trop vite...

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Ecrit par Marie-Pierre Lavilgrand - dans Carnets de voyages
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5 juillet 2012 4 05 /07 /juillet /2012 20:57

Sur la route en direction de Baracoa nous nous arrêtons à Guantanamo pour la pause déjeuner; les gens ont l’air perplexe dès lors que nous leur demandons la direction d’un resto, nous échouons dans un petit boui-boui sans nom où l’on nous sert de la viande avariée... La route de Guantanamo à Baracoa est connue comme l’un des plus beaux itinéraires de Cuba; nous longeons une côte rocheuse bordée çà et là de petites criques et de champs de cactus. La route serpente entre mer et collines pelées, tombant parfoiCuba - Route de Baracoa à Guantanamos en petites falaises de calcaire abruptes, sur des villages de pêcheurs composés de cases traditionnelles aux toits recouverts de palmes. Nous faisons une halte photo à la Playa Yateritas, recommandée et réputée belle par le Guide du Croutard, déçus de ne trouver qu’une plage moche et polluée nous rebroussons chemin, où je trouve le moyen de m’embourber dans le sable, obligeant ainsi tout le monde à descendre pour pousser la voiture... Nous poursuivons par le viaduc de la Farola, route en lacets accrochée à flanc de montagne par d'énormes piliers en béton; le soleil ne va pas tarder à se coucher et les marmailles prennent leur bain dans la rivière. La route s’élève dans la Sierra del Plurial jusqu’au mirador d’Alto de Cotilla d’où l’on jouit d’un panorama grandiose sur la sierra; nous achetons à des paysans une tablette de bon chocolat (ça nous change de l’Asie du Sud Est et du Costa Rica) ainsi que des cucuruchos (délicieux met à base de noix de coco râpé enveloppée dans un cornet en feuille de palmier).

Nous délaissons la sécheresse de la côte pour un décor verdoyant de bananeraies, cocoteraies et plantations de café; dans un virage le Che, perché sur un rocher, veille sur les visiteurs. Après quelques déboires dans des casas particulares, nous finissons par nous installer dans un genre d’hostal où le personnel est sympa et la bouffe bonne. Nous petit déjeunons sur un fond sonore de cochon en train de se faire égorger, assis sur des chaises en peau de vache. Devant un match diffusé à la télé, Maryline tente tant bien que mal de comprendre les règles du baseball, explications du patron à l’appui et bière à la main. Nous sortons nous balader sur le Malecón (promenade en bord de mer) très moche et jonché d’habitations délabrées, jusqu’au bout de la ville où nous apprécions la vue sur le Yunque (montagne de forme tabulaire) et la plage. Nous grimpons ensuite au Castillo, perché au sommet d’une colline et infesté de cafards, d’où nous profitons d’une magnifique vue sur la baie et la ville. Nous filons ensuite boire un verre à la casa de la Trova (ensemble de registres musicaux cubains) où chaises et tables sont installées à même la rue tandis que les musiciens jouent sur le trottoir; le chanteur choisit quelqu’un du public à qui il adresse chaque chanson, une charmante argentine se lève pour danser avec lui. Nous passons devant une galerie d’art exposant de belles peintures chargées d’émotions; puis nous achetons de l’eau et des bières dans une drôle de petite supérette où ils vendent des lits et des meubles, en plus de quelques produits alimentaires et de beauté. BaracoCuba - Baracoaa, située face à la mer et au pied de montagnes couvertes d’une végétation tropicale luxuriante, est une bourgade tranquille au charme subtil, avec ses vieilles maisons de bois et son petit centre animé dans lequel on rencontre plus de vélos-taxis que de voitures. Suite à une descente de 1000km sur des routes chaotiques à bord d’une voiture chinoise pourrie, mes parents privilégient l’avion pour retraverser l’île, nous les quittons donc ici.

Sur la route nous nous faisons arrêter par la police, jusqu’à présent à chaque fois qu’elle voyait nos têtes d’étrangers elle nous disait aussitôt de circuler (ils ont pour habitude de laisser les touristes tranquilles) mais ce jour là elle en a décidé autrement. Je ne suis pas sereine car l’état de nos pneus est vraiment pitoyable, et nous avons trouvé le moyen de perdre tous les papiers de la voiture en route... (sachant que l’agence de location est fermée). Je me contente de présenter au policier mon permis de conduire et le contrat de location, après avoir bien scruté mon visage il finit par me faire signe de circuler. Après une longue route épuisante nous arrivons enfin à Bayamo où nous tournons en rond et cherchons désespérément notre casa. Lorsque nous demandons notre chemin à un passant pour la énième fois, un chauffeur de gua gua (bus local) nous propose de le suivre car il se rend dans le coin; arrivées dans la rue de notre casa nous nous arrêtons pour vérifier le numéro sur notre guide, le proprio (Jose, un amour de cubain) nous aborde à notre voiture pour nous demander si à tout hasard ce n’est pas sa maison qu’on cherche... Nous nous installons chez Jose et Olga, un charmant couple d’une gentillesse et une amabilité sans égal, leur casa est très moderne et offre un joli patio et une chambre digne d’un hôtel. Olga nous prépare un délicieux repas avec des cuisses de poulet énormes puis nous prend en photo pour le souvenir. Après une bonne nuit et un réveil matinal nous prenons la route pour Trinidad, Jose nous accompagne au garage à quelques rues de là et remarque une de nos roues crevée. Maigrelet, il peine à changer la roue dont un boulon est bloqué, large sourire aux lèvres, il nous dit que sa femme Olga (obèse) aurai certainement eu plus de chance que lui... Nous lui faisons un gros bisou et filons à la station essence la plus proche pour essayer de faire réparer le pneu, car nous appréhendons de faire 500km sur des routes abîmées avec un pneu de dépannage. Sur la route nous voyons un homme coucher sa moto au sol pour récupérer le peu d’essence qu’il lui reste au fond du réservoir pour pouvoir démarrer... C’est dimanche et le mécano ne travaille pas, un homme très gentil nous demande s’il peut nous aider, nous lui expliquons la situation et il interpelle aussitôt un employé de la station ayant fini son service de nuit, et attendant le bus pour rentrer chez lui. Après sa longue nuit de travail Eddy n’est pas très motivé à nous Cuba - Route de Sancti Spiritus à Trinidadaider, l’autre homme insiste lourdement et il finit par céder... après avoir traversé toute la ville nous arrivons chez un mécano à l’ancienne (on se croirai presque en Afrique) qui, en voyant l’état de nos pneus arrières nous conseille de les changer au plus vite car dangereux. L’attente est longue et Maryline qui a très envie de faire pipi cherche désespérément un resto, un habitant auprès de qui elle se renseigne lui propose gentiment d’utiliser ses toilettes à l’ancienne. Une fois le pneu réparé nous faisons une bise à Eddy et lui donnons un billet (qu’il refuse) pour le remercier du temps accordé malgré sa fatigue, puis nous le déposons chez lui; nous éclatons de rire lorsque nous voyons la centaine d'haricots rouges qu’il a semé dans la voiture en soulevant son sachet troué...

Nous voilà enfin sur les routes, avec beaucoup de retard; nous réalisons l’ampleur du problème de transports à Cuba lorsque nous voyons une ambulance prendre des autostoppeurs... Plusieurs locaux coupent de l’herbe sur le bord de la route pour la donner à leurs chevaux; nous croisons une famille entière (parents + trois enfants) se déplaçant sur un même vélo... Nous prenons trois autostoppeuses que nous lâchons à Cienfuegos; la route entre Sancti Spiritus et Trinidad est magnifique, nous apprécions un beau coucher de soleil sur la Valle de los Ingenios avec ses montagnes entourées de champs de canne à sucre et de bananeraies. Je tombe sous le charme de Trinidad, jolie petite ville paisible aux ruelles pavées à l’ancienne, bordées de maisons coloniales aux façades colorées et d’habitations vieilles de deux ou trois siècles. C’est un vrai bonheur de prendre le temps de flâner et se perdre dans ses ruelles; sur les pas de portes la gentillesse et la non chalence sont au rendez vous, au rythme des chaises à bascule. Nous nous installons dans la casa d’une dame très gentille mais dont les deux uniques neurones ne fonctionnent pas ensemble...

Nous partons au mirador de la Valle de los Ingenios, fréquenté de rapaces et offrant un beau panorama; sur la route nous croisons une vieille voiture américaine transportant huit passagers, ainsi des que charrettes tellement blindées de sacs d’herbe qu’on en voit même plus le conducteur... Nous poursuivons notre visite par le Puerto Casilda inondé de petits bateaux en bois coloré, puis la playa Ancon où nous ne faisons pas long feu... A peine sorties de la voiture nous nous faisons attaquer par une rafale de moustiques, un employé d’un des bars de la plage claque une dizaine de moustiques sur lui en quelques secondes puis, l’air de rien, s’arrête aussitôt qu’il nous voit passer... et se remet à les chasser dès lors qu’on s’éloigne de lui. Nous partons faire pipi Cuba - Route de Sancti Spiritus à Trinidaddans l’hôtel d’à côté, je suis effarée face à la cinquantaine de moustiques que j’aperçois sur un carreau d'à peine dix centimètres carrés, nous regagnons la voiture en courant... Le lendemain nous nous réveillons sous un ciel pluvieux, nous profitons d’une accalmie pour aller flâner dans le centre historique, où nous déjeunons dans un resto avec un joli patio animé par des musiciens. En fin de journée nous sortons boire un verre à la casa de la musica où cubains et touristes aiment se retrouver autour d’un cocktail en présence de musiciens; nous goûtons à de délicieux beignets de songe accompagnés d’un mojito, puis nous testons la conchanchara (boisson locale à base de rhum, miel et citron). Le premier groupe de musiciens termine sa prestation, en forme (...) j’interpelle le percussionniste, curieuse de savoir comment sont faits les bongos cubains pour avoir un son aussi chaud. Montés d’une radiographie d’un côté (!) et d’une peau de mule de l’autre, les bongos des musiciens cubains n’existent nulle part ailleurs car ils sont arrangés de façon artisanale une fois achetés en magasin. Le percussionniste me les propose, j’essaie de négocier le prix mais à la vue de mes yeux pétillants d’envie, il ne lâche pas un centime... Il a plu toute la nuit et nous nous réveillons encore sous la pluie, il est temps de prendre la route.

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Ecrit par Marie-Pierre Lavilgrand - dans Carnets de voyages
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4 juillet 2012 3 04 /07 /juillet /2012 19:32

Après avoir traversé des bleds aux noms de pays (Australie, Jamaïque, Costa Rica), des champs de canne à sucre et des allées de flamboyants en fleur surmontés d’un ciel inondé de vautours, nous arrivons à Morón, au centre de l’île côté Atlantique. Nous galérons à trouver notre casa particular, nous demandons notre chemin à une dame, qui, ne Cubasachant pas, interpelle un passant qui en interpelle un autre... A Cuba les gens sont toujours près à vous aider, le seul inconvénient est que l’espagnol n’est pas évident à comprendre car ils parlent vite et mâchent les mots. Nous dînons aux côtés d’un charmant couple franco-espagnol avec qui nous sympathisons et échangeons les emails. Le lendemain, après un réveil difficile, nous prenons la route pour les Cayo Coco et Guillermo, deux petites îles que l’on peut atteindre en voiture par une digue de 17km qui relie les deux îles à la terre, à travers la lagune de la Bahia de Perros. A l’entrée de la première île, un contrôle de passeport est effectué (nous apprendrons plus tard qu'elle est interdite aux cubains !), nous longeons une mangrove pas très engageante jusqu’à de belles petites criques infestées de moustiques virulents; certains endroits du Cayo Coco sont déserts. Arrivés à l’extrême pointe du Cayo Guillermo nous découvrons la magnifique Playa del Pilar (la plus belle du pays selon les locaux), avec un sable d’un blanc éclatant et une eau translucide au bord et bleu turquoise au large, je n’ai jamais vu une pareille eau, même à Maurice ou aux Seychelles. Notre plaisir est vite gâché par une chaleur insoutenable et un refus du seul resto du coin de nous servir à boire à cause d’un congrès à venir dont il assurera le service... Nous faisons donc demi-tour, sur ces îles, à part des hôtels luxueux en formule tout inclus, il y a très peu d’infrastructures; nous croisons un groupe de flamants roses pataugeant dans une eau marron, ainsi que trois palmiers courbés ayant l’air de danser un maloya. De retour à Morón nous déjeunons dans un resto où il y a du papier journal en guise de PQ, puis nous partons à la recherche d’un loueur de voiture car un tuyau de la clim a lâché et mes pieds baignent dans une marre d’eau. Idolka, chez qui nous logeons, très sympa et dotée d’un humour cinglant, nous donne quelques conseils pour la suite du voyage. Nous lui faisons une bise et prenons la route pour Camaguey un peu plus à l’Est.

Sur la route nous sourions devant un bâtiment sur lequel est écrit « Police Révolutionnaire Nationale », il faut savoir qu’à Cuba tout est révolutionnaire... Les panneaux publicitaires sont inexistants, en revanche le pays est truffé de messages idéologiques (tantôt accompagnés d’un portrait de Fidel ou Raoul Castro) de type « la patrie ou la mort », « travailler c’est vaincre », « seul le socialisme vainquera les difficultés » qui font penser à de l'endoctrinement... Morts de faim après deux essais dans des restos où le personnel est désagréable au possible, nous finissons dans un resto où nous nous enfilons un déjeuner tellement dégueulasse que je n’ose finir mon assiette. La casa dans laquelle nous nous posons est équipée de draps, serviettes et thé puant le moisit, et de matelas datant de mathusalem. C’est la fête des mères, très importante pour les cubains qui n’hésitent pas à se déplacer pour aller fêter ça en famille; dans les rues nouscuba-plage-maguana-copie-1 croisons pas mal de gens de tout âge, un gâteau ou un bouquet à la main. Nous quittons Camaguey, sur les vieilles routes fatiguées certains autostoppeurs tendent le bras, un billet à la main, pour se faire prendre plus rapidement; les camions et tracteurs arrondissent leur fin de mois en les prenant en stop. A Cuba on dirai que les autoroutes ont été faites sous extasie... en plus de n’avoir aucune démarcation au sol entre les voix, et d’êtres jonchées de nids d’autruches, elles sont toutes ondulées comme des vagues... il n’y a pas un bitume plat dans ce pays...

Nous arrivons HS à Santiago de Cuba, deuxième ville du pays, capitale de l’Oriente (l’Est) et berceau de la révolution, où nous nous installons chez une mère et sa fille adorables comme tout, avec qui nous nous lions d’amitié. La China et Yamile nous préparent un délicieux dîner à base de manioc, riz jaune et un genre de cari poulet arrosé d'une succulente sauce. Nous déambulons dans cette ville coloniale abritant une forêt de toits de tuiles rouges, balcons en fer forgé et fenêtres en bois tourné. A Santiago la population est le fruit d’un métissage complet : Espagnols, Caraïbes, Indiens, Noirs africains, Français, Asiatiques... En ville, plusieurs jineteros (rabatteurs, particulièrement actifs dans l’Oriente) nous assaillent de partout; nous croisons un petit vieux aveugle avec une bouille d’ange, animant la place en musique à l’aide de deux maracas improvisées, un épais sceau en fer cabossé et fatigué et un bout de bois servant de baguette... Dans certains restos les serveuses sont vêtues de bas résilles; les cubains sont très affectueux dans leur façon de s’adresser à autrui, et il n’est pas rare de les entendre s’appeler « mi amor » entre eux et même à notre égard... Nous invitons Yamile et la China à nous rejoindre pour l'apéro dans le patio, comme aux Philippines, le panaché (que nous leur faisons découvrir) connait un vif succès... La China nous confie que notre présence lui met du baume au cœur et qu’elle se sent comme en famille avec nous... sentiment partagé... Nous échangeons sur nos cultures respectives, Yamile nous apprend que le peuple n’a pas le droit de manifester; le salaire moyen pour le cubain payé en CUC (monnaie touristique) est de 15 € par mois (20 CUC) et bien moins pour le cubain payé en peso (monnaie nationale). Les banques n’accordent des crédits qu’aux plus nécessiteux (comme ceux dont la maison part en lambeaux) car l’Etat refuse de voir les locaux s’enrichir et quitter l’île... d’autre part, quelque soit le nombre de nuitées réellement louées, l’Etat raquette aux casas particulares 150 CUC par mois. Nous apprenons également que les américains (USA), pour défier Castro (ou du moins promouvoir la déstabilisation interne et discréditer le processus révolutionnaire cubain), accueillent à bras ouverts les cubains quittant illégalement l’île, en leur offrant un an de loyer et nourriture... Après un bon petit déjeuner préparé avec amour par nos hôtes, en sortant en ville je me retrouve  dans une rue en sens interdit face à un flic qui s’affole en me voyant (les Cuba - Santiago de Cubasens interdits ne sont pas toujours évidents à repérer, pour la simple et « bonne » raison que la signalisation routière en est toujours à l’état embryonnaire à Cuba...) En fin de journée, gamins et ados du quartier se retrouvent pour jouer au foot sur la route, en démarquant les buts avec ce qui leur tombe sous la main... En voulant déplacer notre voiture devant la maison du gardien nous nous pommons dans la ville truffée de sens uniques, de nuit, sans plan de ville ni téléphone, pas même en tête le nom de notre casa particular... (ça me rappelle Mathias et moi au Pérou...) Le lendemain, pendant que les employés municipaux bombardent les rues d’insecticide pour endiguer l’épidémie de dengue qui sévit dans l’île, le petit ami de Yamile (véritable mine d’informations sur Cuba, qu’il part découvrir lors de faux arrêts maladie) nous refile des tuyaux sur les routes à éviter, casas à tester et sites à ne pas manquer. Nous serrons fort dans nos bras Yamile et la China, et prenons la route pour Baracoa à la pointe Est de l’île.  

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Ecrit par Marie-Pierre Lavilgrand - dans Carnets de voyages
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29 juin 2012 5 29 /06 /juin /2012 09:30

Après un atterrissage un peu folklo, avec rebonds, vifs ballotages de gauche à droite et freinage brutal, le personnel de bord se fait allumer par un passager souffrant d’incontinence car l’avion ne se gare toujours pas bien qu’il s’arrête à deux reprises sur le tarmac. En attendant de trouver où se garer, le personnel au sol commence déjà à extraire les bagages de la soute, l’un d’entre eux ne prend même pas le temps de se retourner pour poser les valises qui font des vols planés de trois mètres au fond du véhicule... un flic, auCuba - La Havane visage grave, attend devant la soute. Arrivées aux douanes nous sommes surprises de voir mes parents, censés arriver avant nous mais bloqués sur la piste pour une raison indéterminée. C’est le gros bordel pour récupérer nos sacs, les bagages de plusieurs vols arrivent sur le même tapis, et une partie d’entre eux (reniflés par les chiens douaniers) errent tout seuls dans le hall, déposés au sol par des touristes pensant qu’il s’agissait du leur... Nous galérons à téléphoner pour réserver une casa particular (chez l’habitant), les cartes SIM sont très chères et devant les cabines téléphoniques il y a toujours la queue, un mec sympa m’offre un peu de son crédit et de son temps pour m’expliquer comment ça fonctionne... Nous grimpons dans un taxi fatigué à bord duquel nous découvrons la Place de la Révolution affichant les portraits géants du Che, de Camilo Cienfuegos (grand révolutionnaire) et Jose Marti (fondateur du Parti Révolutionnaire Cubain, considéré comme héro national par le peuple). Les belles vieilles voitures américaines (Chevrolet Bel Air ou Impala, Cadillac Eldorado, Ford Fairlane, Plymouths Deluxe...) déambulent dans les rues bordées de vieilles façades colorées et ornées de balcons en fer forgé, témoins de la période coloniale espagnole, je suis en train de réaliser un rêve... Nous nous installons dans la maison coloniale de Niosdrey, dans la vieille Havane, quartier très populaire (je découvrirai plus tard que c’est tout le pays qui est ainsi), où les jeunes jouent au baseball (sport national) dans les rues avec des bouts de bois et bouchons de bouteille), les commères s’interpellent depuis leurs balcons au milieu du linge qui sèche, ou font descendre de leur fenêtre un panier suspendu au bout d’un fil (pour faire passer quelque chose à une connaissance qui attend au pied de l’immeuble) et les pépés fument le cigare assis sur les marches des ruelles pavées. Pétante de vie derrière sa façade fatiguée, la vieille ville dégage un charme indescriptible, le pays à lui tout seul est un monde à part...

Nous sortons dîner sur une grande place animée par un groupe de musiciens (contrebasse, congas, guitare, bongos, trompette, guiro et maracas en peau) jouant des classiques cubains dont certains interprétés par Buena Vista Social Club. Le lendemain nous savourons un délicieux petit déjeuner (mangue, papaye, ananas, jus de goyave...) pendant que Niosdrey nous explique certains aspects de la vie locale. Avant, lorsqu’un cubain quittait le pays, l’Etat reprenait la maison qu’il lui avait vendue pour trois francs six sous, ce n’est que depuis le début de cette année que les cubains ont le droit de vendre ou louer leur maison. Il faut savoir que le système fidéliste est socialiste et communiste et tout appartient à l’Etat, qui ne reconnait pas la propriété privée. Jusqu’à leur majorité (16 ans : pénale et sexuelle), les enfants n’ont pas le droit de quitter le pays, et de 16 à 18 ans (majorité civile) ils ont besoin de la signature de leurs parents. De manière générale il est très compliqué pour les cubains de voyager car il leur faut une autorisation spéciale; quant à ceux qui souhaitent quitter définitivement le pays, il leur est interdit de remettre les pieds sur le territoire cubain... Niosdrey prend nos numéros de passeports, dates d’entrée dans le pays, numéros de cartes touristiques et signatures qu’il consigne dans un registre qu’il doit remettre au service de l’immigration le jour même, c’est la procédure obligatoire pour tous les cubains louant des chambres aux touristes. Internet est très limité ici, les locaux qui peuvent se le payer n’ont qu’un abonnement de trente heures par mois et par foyer, uniquement pour consulter et envoyer des mails. Sinon il y a les centres de télécommunications ou les grands hôtels, trop coûteux pour la population locale et surveillés : chaque utilisateur laisse son identité et ne doit pas « compromettre la sécurité d’Etat » ni aller contre « les lois et principes moraux du pays », des motifs suffisamment flous pour couper arbitrairement un accès à internet ou fermer un programme. Sur mon blog je mentionne « pas de news pendant un moment car internet c’est le bordel ici » afin d'expliquer à nos amis et familles notre absence de la toile, puis quelques temps après je décide d’expliquer pourquoi, au Cuba - vieille voituremoment où j’enregistre ma phrase «  pas de news pendant un moment car internet est censuré à Cuba », la page de mon blog se referme aussitôt sans être enregistrée, je me contente donc de ma première version... Au début on « insiste » malgré les difficultés rencontrées (ne serai-ce que pour consulter nos comptes ou mails) et puis quand on réalise  le prix que coûtent les cartes internet (délivrées au compte goûte par l’Etat) de 1h maximum sous présentation  du passeport (après avoir fait la queue), interdisant l’accès aux sites américains et offrant un débit extrêmement lent, on finit par lâcher l’affaire et renoncer à internet... Vous l’aurez compris, beaucoup de gens ici sont coupés du monde, entre la difficulté à sortir du pays, à utiliser internet et l’interdiction pour les locaux de disposer de chaines de télévision étrangères. Nous avions vaguement connaissance de cet isolement dans lequel vivent les cubains, mais lorsqu’on le « vit » on a peine à le croire et on se demande où est ce qu’on a atterrit...

A Cuba, plusieurs moyens de transport s’offrent au voyageur : la calèche, le vélo-taxi (triporteur à pédales pourvu d’une banquette), le coco taxi (original, il est motorisé et tout en rondeur), le gua gua (bus pour lequel il faut parfois faire une longue queue et très souvent voyager debout), le taxi collectif (vieilles berlines américaines des années 50) et le taxi officiel. Compte tenu de la mauvaise desserte et la grande difficulté à se déplacer en transports en commun hors des villes, nous décidons de louer une voiture. Nous cherchons désespérément des grandes bouteilles d’eau (difficiles à trouver), nous entrons dans une drôle de supérette : musique à fond nous déambulons dans un grand couloir avec plusieurs vitrines d’un côté exposant des produits posés en vrac. Nous galérons également à trouver une carte SIM pour pouvoir réserver les casas particulares durant notre séjour et éviter ainsi les queues interminables devant les centres de télécommunication et les cabines téléphoniques... Nous finissons par comprendre que notre seule possibilité d’acheter une carte SIM est d’ouvrir une ligne au nom d’un cubain (car interdit aux étrangers) et de payer 3 CUC (monnaie équivalent au dollar américain) de location par jour, ce qui nous reviendrai à 90 CUC ! Nous lâchons donc l’affaire et essayons de trouver un GPS car nous souhaitons parcourir toute l’île et la signalisation fait cruellement défaut à Cuba, mais là encore on se fourre le doigt dans l’œil car les GPS sont interdits ici et les ¾ des locaux vous regardent avec des yeux ronds lorsque vous leur en parlez. A Cuba, il y a la queue partout et pour n’importe quoi car tout est limité en quantité pour contrôler le peuple... Une femme dans la rue nous aborde pour nous demander d’acheter du lait pour son futur bébé, nous apprendrons plus tard qu’elle n’est pas enceinte, seule parade qu’elle a trouvé face à l’interdiction de mendier de l’argent...

Après avoir visité le Malecón (promenade en bord de mer), Prado, Capitole, théâtre national... nous finissons à la Feria de San Jose, marché artisanal où nous achetons des petits instruments de musique et où l’on trouve de très belles peintures. Nous déjeunons dans un resto sympa de la calle Obispo où nous savourons une piña colada et une langouste (pas chère à Cuba) sur un fond de salsa et rumba. La joueuse de flûte traversière se balade en musique dans le patio verdoyant où des femmes bien en chair, métisses, blancs, beaux blacks portant le panama et vieillards fumant le cigare apprécient le cadre. Après avoir pondu un circuit à l’arrache, nous prenons la route pour Morón, vers le centre côté Atlantique. Cuba - transport en communSur l’autoroute nous sommes effarées de voir le nombre de locaux (y compris les flics et les militaires !) faire du stop, sport national et moyen de transport très répandu car les transport en commun cubains sont un réel problème. Les bus sont blindés et les voitures trop chères, il n’est donc pas rare de croiser des bennes de camions ou de tracteurs bondées de gens entassés comme du bétail. Nous ne sommes pas au bout de nos surprises... toujours sur l’autoroute nous croisons de tout : des carrioles à cheval à contre sens, des vélos sans freins, des tracteurs, des sidecars et des vendeurs d’oignons, fromage ou autre produit. Autostoppeurs et vendeurs ont une aisance déconcertante à se placer sur l’autoroute (voie de droite pour les autostoppeurs et souvent voie de gauche pour les vendeurs), il convient donc de rouler au milieu, si l’état de la route le permet... De façon tout à fait légale, un véhicule de la voie opposée peut traverser votre voie pour prendre une sortie se situant de votre côté (ici ils n’ont pas ou peu de sorties d’autoroutes situées sur la droite comme en France). Nous voyons pas mal de morceaux de pneus éclatés sur le bord de l’autoroute et évitons tant bien que mal les nids de poule aux allures de nid d’autruches... Malgré son étrange fonctionnement parfois un peu déroutant, il me tarde de découvrir ce pays qui me fait tant rêver...              

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26 juin 2012 2 26 /06 /juin /2012 18:05

Nous délaissons l’aridité de la côte Pacifique pour nous diriger vers le parc national du volcan Tenorio, à l’intérieur des terres; nous entrons dans une région Costa Rica - Llanos de Cortesverdoyante, les camions sont chargés de canne à sucre et la cime des volcans habille l’horizon. Nous faisons une halte pour la nuit à Bagaces, après avoir galéré à trouver un hébergement nous atterrissons dans une cabina très modeste chez une habitante du centre ville, où dans une des chambres qu’elle nous fait visiter squatte un chien errant s’étant faufilé en douce lors du nettoyage de la femme de ménage, la proprio reste bouche bée à la vue de l’état et l’odeur de la chambre... Après un copieux gallo pinto (petit dèj local à base de riz et haricots rouges) nous partons découvrir les belles chutes de Llanos de Cortes formant un large rideau se jetant dans un bassin bordé d’une petite plage de sable blanc; c’est dimanche et les ticos (costaricains) y apprécient un pique nique en famille ou entre amis.

Nous poursuivons par une belle route s’enfonçant dans les montagnes, bordée de pâturages verdoyants et s’achevant en une piste pourrie à l’intérieur du parc national; les hébergements y sont très chers, nous finissons par trouver une cabina exigüe on l’on apprend à vivre avec les aléas de l’électricité... Nous nous réveillons sous la brume et la pluie, après hésitation nous décidons d’aller marcher au cœur du parc, nous entamons notre balade par un sentier s’enfonçant dans un sous bois frais et humide, menant à la magnifique cascade du rio Céleste que l’on atteint par un escalier raide et glissant. On dit ici que lorsque Dieu eut fini de peindre le ciel en bleu, il rinça ses pinceaux dans le rio. Entourée d’une végétation luxuriante la cascade d’un bleu turquoise opalescent se jette dans un bassin d’une couleur incroyable. Nous poursuivons le sentier jusqu’à une plateforme offrant une vue sur la canopée arborant un léger manteau de brume; le bruit très strident de certains insectes rythme notre marchCosta Rica - Ecureuile. Au détour d’un virage une eau blanchâtre bouillonnant au pied d’un arbre dégage une forte odeur d’œuf pourri; un peu plus loin nous observons le cours d’eau passer du brun au bleu turquoise, avec comme ligne de démarcation les émanations de souffre sortant du ventre de la terre. Au retour une volée de colibris nous offre un joli ballet pendant qu’un écureuil fait sa toilette après avoir grignoté un morceau.

Nous nous enfilons un bon casado (plat national) et prenons la route pour Santa Elena, petit village niché entre deux forêts de nuages; la piste pour y arriver est volontairement en piteux état, les locaux souhaitent endiguer le flux de touristes afin de préserver le site. Nous nous installons dans un petit hôtel sympa avec cuisine commune où Frederico, l’employé du soir, adorable comme tout, m’offre un paquet de café qu’il produit dans son village. Le lendemain nous partons nous balader dans la réserve écologique, la forêt, vêtue de lichen, y est dense et très humide, nous traversons des petits ponts et essayons, malgré le gravier présent sur une partie du sentier, d’être le plus discrètes possible afin de favoriser l’observation de la faune. Nous prenons en « chasse » les colibris pas faciles à photographier mais repérables au son sourd de leurs battements d’ailes; nous arrivons sur un plateau où nous nous faufilons entre des arbres couchés au sol, il fait de plus en plus sombre, la brume a envahit la forêt et de drôles de chants d’oiseaux (aux sons métalliques ou d’instruments de musique) viennent combler l’atmosphère étrange qui règne. Au détour d’un virage nous découvrons un quetzal (oiseau emblématique d’Amérique centrale), toujours à l’affût du moindre mouvement animal, nous marchons tête en l’air jusqu’au moment où je me rends compte que je ne marche plus droit, je regarde à nouveau le sentier et me retrouve nez à nez avec une énorme mygale oranCosta Rica - Rio Célestege et noire qui s’arrête net, je fais un bond en arrière, le dos couvert d’un frisson désagréable... Le soir, ameuté par des gamins du quartier, Frederico vient frapper à la porte de notre chambre pour nous informer qu’un paresseux se balade en ville ! Lorsque nous arrivons sur place nous découvrons le paresseux accroché à un fil électrique, évoluant pas si lentement malgré une patte HS, il parcourt le fil d’un bout à l’autre, s’arrête pour se gratter (suspendu par les deux pattes arrières) et arrive jusqu’au poteau électrique où il met trois plombes à réfléchir comment descendre... après moult réflexion il finit par faire demi tour... Le lendemain nous partons au jardin des orchidées où nous découvrons à l’aide d’une loupe des espèces parmi les plus petites au monde.

Après avoir dégonflé les pneus pour rendre la piste plus agréable, nous prenons la route pour le volcan Arenal, nous descendons des montagnes, traversons des vallées et longeons un immense lac jusqu’à un chouette petit hôtel avec jardin et une belle vue sur le volcan. Sur notre balcon, équipé de rocking chairs, nous savourons canettes de whisky coca et chips de bananes pendant que des locaux (hommes et femmes) s’attaquent au rhum devant un match de foot dans la cuisine commune. Nous déjeunons dans un resto où deux américaines âgées au look funky attirent notre attention, ravies qu’on les aborde, après quelques échanges elles demandent à la serveuse de nous prendre en photo toutes les quatre, et nous finissons par taper des percus sur la table du resto avec une frangine pendant que l’autre se met à danser... brève rencontre mais fort plaisante. Le lendemain nous remontons sur Alajuela par une longue route très vallonnée, nous faisons une pause thé dans un soda (resto local) et le plein d’essence dans une station sécurisée par un gardeCosta Rica - Geai à face blanche armé d’un fusil à pompe.

Après une courte nuit et un réveil matinal, nous filons à l’aéroport, notre séjour au Costa Rica s’achève ici; c’est le gros bordel lors de l’enregistrement car tous les vols de la compagnie opèrent leur check-in en même temps... A bord nous subissons une série de turbulences, la charmante vénézuélienne assise à ma gauche n’est pas rassurée, je lui prends la main et tente de la rassurer comme je peux. Très sympa et joyeuse, Yolena nous fait part de son souhait de quitter le Venezuela à cause de la vague de violence qui fait rage dans le pays, dû selon elle à un gouvernement trop paternaliste et une gestion laxiste (les jeunes ne vont plus à l’école), combinée à une mauvaise situation économique. Dans son petit bled côté Brésil, elle s’est récemment fait braquer sa voiture et sa boutique, un flingue posé sur la tempe. Arrivées au Panama nous échangeons nos coordonnées car elle rêve de découvrir la France; nous constatons avec joie que nous débarquons à la même porte où nous réembarquons pour Cuba. Une fois installées à bord il se met à pleuvoir abondamment, le ciel est noir, les lumières sont éteintes dans l’avion et il fait sombre. Un violent orage s’abat sur la tarmac, nous sommes prêts à décoller mais le vol est retardé et nous attendons patiemment sur la piste, moteur allumé. Des hublots, nous apercevons la lumière des éclairs se refléter sur la piste détrempée et la pluie chassée à l’horizontal par un vent puissant; malgré le bruit du moteur nous n'entendons plus que les forts grondements du tonnerre. J’essaie en vain de me concentrer sur mon article, en relevant la tête j’aperçois avec stupéfaction une boule de feu éclater sur la piste à quelques mètres de l’avion, avec un bruit de Costa Rica - Colibriciel se déchirant et le sol qui vibre, je reste médusée, l’angoisse me gagne... Un quart d’heure après, l’avion en attente derrière nous se met à décoller, puis nous avançons et un autre éclair éclate sur la piste, nous nous arrêtons à nouveau et entendons le commandant annoncer qu’ « on va surement décoller » ( !) J’imagine que les contrôleurs aériens profitent de micros fenêtres météo pour pouvoir faire décoller chaque avion, il y en a quatre qui attendent derrière nous, en file indienne sur la piste. Au bout d’un long moment nous finissons par décoller, bien que je ne sois pas craintive en avion, je me surprends entrain de "prier" pour parvenir à réaliser mon prochain rêve inscrit sur la longue liste de ma vie : découvrir Cuba... Adiós Costa Rica ! Pura vida !

      

 

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12 juin 2012 2 12 /06 /juin /2012 22:30

Sur l’autoroute en direction de Manuel Antonio nous remarquons une multitude de lambeaux de pneus éclatés, quelques arrêts de bus, un barrage d’une dizaine de flics alignés sur l'autoroute et des trucks et bus scolaires à l’américaine. Entre deux nids de poule nous traversons des allées de manguiers succédées par Costa Rica - Miramardes flamboyants en pleine floraison; le Costa Rica est un pays très montagneux et le flanc des montagnes s'échoue souvent en bord de mer. Il fait une chaleur intense, nous faisons une halte à Jaco, plage de sable gris où les ticos surfent des vagues pendant que les iguanes se prélassent sur le sable chaud; un oiseau jaune voyant son reflet sur le capot d’une voiture nous sort une chorégraphie improvisée. Nous nous installons dans une auberge pour routards (la seule) avec piscine et à 50 dollars la nuit ! Manuel Antonio est le parc national le plus visité du pays et les prix des hébergements alentours s’en ressentent... Après un petit déjeuner succinct nous partons en balade au parc en compagnie de Georges, guide très sympa, altruiste et généreux, croyant au karma. Georges de la jungle a l’œil tellement aiguisé que lorsqu’il repère des animaux nous sommes parfois obligées de les observer depuis son télescope pour arriver à les localiser. Nous découvrons toutes sortes de lézards dont un basilic (surnommé Jésus Christ grâce à son impressionnante faculté à courir sur l’eau), des fourmis tigres (féroces prédatrices aux piqûres redoutables), des paresseux en train de dormir suspendus par les quatre pattes à une branche d’arbre, un crabe d'un rouge et bleu intenses, de nombreuses espèces d’iguanes (noir, vert, rouge...), divers toucans, singes, faucon, chauves souris... Nous arrivons sur une belle plage bordée de cocotiers où des crétins de touristes donnent des chips à des capucins moines pour pouvoir les prendre en photo de plus près (mettant à l’occasion l’espèce en danger...). La chaleur est étouffante.

Suite à cette belle balade nous prenons la route vers le Nord Ouest; les champs de canne à sucre et les prés s’étendent à perte de vue, nous nous retrouvons dans les embouteillages d’un gros accident, une dizaine d’ambulances défile à toute allure. Après une longue journée de route nous décidons de faire une halte à Miramar pour la nuit, nous échouons dans un trou paumé au milieu des montagnes, dans un chouette bungalow entouré d’un beau jardin tropical et offrant une vue imprenable sur la côte, où nous admirons un beau coucher de soleil et savourons un apéro en compagnie d'hannetons.

Après un bon petit dèj et une bise à Gloria nous poursuivons notre route vers la côte Ouest; nous traversons le pont de l’amitié surplombant le rio Tampisque et débouchant dans le golf de Nicoya. Nous nous installons dans un hôtel à 20m de la Playa Grande où les tortues luth viennent pondre en masse et les surfeurs s’en donnent à cœur joie sur les longues gauches. Etant hors saison, nous négocions le prix de nos chambres, deux petits appartements avec kitchenette, mini salon et terrasse équipée d’un barbecue; le gérant des lieux (Javier) est un surfeur mat de peau sculpté comme un dieu, qui s’amuse à travailler son équilibre sur un câble étendu entre deux cocotiers au dessus de la piscine... Nous faisons quelques courses pour notre séjour; un troupeau de vaches au milieu de la route m’oblige à freiner net au sommet d’une butte; la région est très sèche, nous y croisons beaucoup d’iguanes traversant les routes et de grosses termitières sont accrochées aux arbres. Nous déjeunons dans un excellent resto tenu par un expat français, où j’engloutis un délicieux burrito (met mexicain) ; au retour nous nous retrouvons face à un iguane pourchassant un basilic, aveuglé par sa proie il poursuit sa course en trombe sur la route puis se met à déraper à la vue de notre voiture, le basilic en profite pour se faire la malle... Nous fêtons l’annif de Maryline dans un resto au bord de la Playa Real où elle savoure deux belles langoustes; quelques Costa Rica - Playa Flamingosurfeurs prennent leur pied pendant que les pélicans et autres oiseaux marins pêchent. Nous faisons une virée sur la côte pour découvrir les plages du coin; les arbres en bord de route sont truffés de beaux oiseaux aux multiples couleurs, dont des geai à face blanche avec leur belle huppe, ou des motmots à sourcils bleus arborés d'une longue queue. Un groupe de copines joue au foot sur la Playa Conchal (plage aux coquillages) bordée d’arbres recouverts de mues d’insectes volants (dont certains en position de coït...) Après la Playa Flamingo, de sable gris et gorgée de bateaux, nous filons admirer un magnifique panorama sur la baie et ses îlots, puis terminons la journée par un beau coucher de soleil sur la Playa Brasilito où les pêcheurs en canoë sont de sortie. Cette journée a été l'occasion de constater que le Costa Rica a tourné le dos à ses plages, mal desservies et accessibles uniquement par des pistes en mauvais état. Notre séjour dans la péninsule de Nicoya s’achève ici, nous faisons une bise à Javier et mettons le cap sur le Rio Céleste dans la région de Guanacaste.

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Ecrit par Marie-Pierre Lavilgrand - dans Carnets de voyages
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8 juin 2012 5 08 /06 /juin /2012 16:05

Après trois jours de course intense à Paris, à profiter de nos familles respectives et gérer quelques paperasses, nous mettons le cap sCosta Rica - Ara bleu et jauneur mon continent préféré : l’Amérique, destination le Costa Rica, paradis des animaux situé en Amérique centrale. Certainement en raison des dernières arrestations à Toulouse, les contrôles de sécurité sont extrêmement renforcés à Roissy, nos billets, disposant d’un genre de code barre, sont scannés et les passeports et photos d’identités sont minutieusement vérifiés à plusieurs reprises. A bord de notre vol en direction du Canada, le commandant tutoie les passagers lors de ses annonces. Arrivées à Toronto nous cherchons un point info pour demander où se prend la navette pour notre hôtel, l’agent d’accueil me tutoie et m’invite à utiliser un téléphone gratuit mis à disposition des voyageurs pour joindre le service navettes de l’aéroport. L’hôtel où nous débarquons (le moins cher de la zone) est classe; un décapsuleur est incrusté dans le meuble lavabo de notre salle de bains (ingénieux et pratique pour les amateurs de bière en mon genre); nous mettons le chauffage à fond et sortons dîner en milieu d'après-midi au resto le plus proche qui se trouve dans un quartier africain. Après un réveil matinal et un petit déjeuner aux bananes, nous embrayons sur notre deuxième vol, à l’aéroport nous découvrons que beaucoup de vols sont annulés ou retardés en raison d’une grosse grève de la compagnie nationale, heureusement notre vol est un des rares à être épargné... L’aéroport est équipé de bornes de pré-enregistrement pour les bagages où l’on scanne nos passeports; à bord de l’avion nous découvrons avec désagrément que le repas est payant.

Arrivées au Costa Rica nous sommes effarées par le coût cher de la vie (ça nous change de l’Asie...) ; les billets de banque, souvent vérifiés à l’aide de machines aux caisses des supermarchés, sont beaux, colorés et ornés de faune et flore locales. Les mots nous viennent naturellement en anglais, j’ai un peu de mal à retrouver mon espagnol et baragouine en spanglish; à la capitale (San Jose) les journées sont chaudes, après-midi pluvieuses et nuits fraiches. Nous restons à San Jose quelques jours, le temps d’accuser les 8h de décalage horaire, se remettre de la grosse crève choppée à Paris à cause du changement de climat et s’organiser un petit circuit car nous arrivons un peu à l’arrache... bien que le Costa Rica ne soit pas une destination qui s’improvise en deux-deux. Nous sortons faire un brin de courses, dans les rayons nous trouvons beaucoup de produits alimentaires luttant contre le cholestérol et le diabète; la caissière vérifie le nombre exacte de plaquettes anti-moustique dans la boite que nous Costa Rica - Aras rougesachetons, des fois que nous ayons voulu en rajouter... En fin d’après-midi à Central Park les arbres sont remplis de petits perroquets verts qui coassent dans un boucan général, c’est dimanche et les schtroumpfs sont de sortie pour la photo avec les gamins; pas mal de gens sont grassouillets ici (pas étonnant compte tenu le nombre de fast food que l’on croise au mètre carré); les locaux ont le type indigène, métisse ou encore européen, nous croisons des blonds aux yeux verts, de même que des indigènes aux yeux bleus, et les femmes ont de généreuses fesses d’africaine. En traversant une rue nous apercevons deux perroquets perchés dans un feu rouge à l’américaine; le feu vert piéton est indiqué par un chant d’oiseau qui s’accélère avant de passer au rouge. Banderoles à la main, les ticos (costaricains) manifestent sur un fond sonore de trompettes et caisses claires; les nombreux policiers au centre ville découragent les voleurs à la tire. A l’hôtel, Mercedes, qui nous considère comme ses filles, nous prépare un petit déjeuner composé d’une salade de fruits tropicaux, un œuf et du gallo pinto (haricots rouges mélangés à du riz, faisant office de petit déjeuner local). Les ticos sont des gens très serviables et polis. Nous achetons une carte routière, récupérons de la doc à l’OT et louons une voiture car la desserte en bus dans le pays n’est pas top, voire inexistante à certains endroits; pour faciliter la compréhension de Maryline le loueur parle en anglais, je lui réponds en espagnol pour vite me mettre dans le bain et m’étonne d’être aussi rapidement à l’aise dans une conversation en deux langues étrangères. Nous dînons dans un petit resto local où un jeune choisit une playlist sur un juke box ultra moderne ressemblant à un flipper et crachant de la musique à rendre sourd un mort. Les collégiens commencent à 7h du mat et les vendeurs à la criée de fruits et légumes ou billets de loterie animent les rues; tous les après-midi nous essuyons de fortes pluies tropicales. Nous faisons nos adieux à Mercedes, qui, en nous serrant dans ses bras, larmes aux yeux, nous demande si on va revenir.

Nous grimpons à bord de notre 4x4 (voiture indispensable sur certains axes du pays), nous éclatons de rire lorsque nous déposons nos gros sacs à dos dans le coffre, nous venons de passer à la version routardes de luxe... Beaucoup de carrefours sont marqués d’une ligne blanche au sol, nous ralentissons donc à chacun d’entre eux et finissons par comprendre que le feu unicolore orange clignotant annonce une voie prioritaire; les sens interditCosta Rica - Toucan à carènes ne sont pas indiqués (pour quoi faire ?!), il faut donc observer l’orientation du panneau de signalisation (quand il y en a un) dans la rue adjacente afin d’en déduire le sens de circulation... Les plus grandes villes ont donné des noms à leurs rues, mais sinon il est rare de voir des panneaux de signalisation et encore plus de trouver un tico qui connaisse le nom des rues... Les locaux ont pris l'habitude d'utiliser des vieux repères ancrés dans la mémoire des gens (comme un figuier qui n'existe plus depuis des années...). Nous partons en direction d’Alajuela un peu plus au Nord, la piaule dans laquelle nous atterrissons est tellement petite qu’allongée, le corps étiré, je touche les murs... au Costa Rica toutes les habitations sont protégées par des barreaux et les locaux ferment systématiquement leur porte à clé même s’ils ne sont à l’intérieur que deux minutes. Nous filons au zoo nous familiariser avec la faune costaricaine, l’occasion d’y observer de beaux aras de diverses couleurs, dont deux rouges qui se taquinent à coup de griffes et bec, un quetzal (emblème de l’Amérique Centrale), toucan, boa constrictor, cougar, aigles, singes-araignée, capucins à tête blanche, singe-écureuil... Pour lui souhaiter la bienvenue, un ouistiti à toupet blanc essaie de pisser sur Maryline; la pluie nous oblige à terminer notre visite au pas de course jusqu’à me retrouver nez à nez avec un énorme iguane en train de traverser le chemin, on se regarde dans les yeux et plus personne ne bouge, pas rassurée, je le contourne sans le quitter du regard puis détale pour rattraper Maryline.

Le lendemain nous prenons une jolie route sinueuse en direction du volcan Poas à travers les collines et plantations de café; après une courte marche nous découvrons un cratère d’ 1,3km de diamètre et 300m de profondeur contenant un lac bleu saphir crachant des fumerolles. Nous empruntons ensuite un sentier traversant une forêt de nuages naine (résultat de l’air acide et des températures glaciales) jusqu’à la lagune Batos (lac occupant un des cratères éteint) où un écureuil roux pas farouche réclame à manger à tous ceux qu’il croise. Nous poursuivons le sentier dans la plus grande discrétion, à l’affût du moindre bruit animal et tentons de photographier tant bien que mal le colibri Thalassin, reconnaissable au son sourd et particulier de son vol (200 battements d’ailes à la seconde). De retour au parking nous regardons avec amusement un colibri en train de mettre des coups de bec sur l'image que lui renvoie la glace d’un rétroviseur... nous achevons cette journée par un dîner au pain et aux sardines dans le jardin de l’hôtel.

Nous partons pour La Paz Waterfall Gardens, magnifique réserve naturelle que l’on atteint par une route pourrie, sur le bord de laquelle on peut remarqCosta Rica - Paresseuxuer des fourmis se trimballant à la queue leu leu des grosses feuilles de flamboyant. Après avoir traversé un très beau jardin tropical nous empruntons un sentier menant à cinq chutes d’eau; un coati grimpe sur la rambarde située devant une cascade pour nous éviter; la chute suivante est la plus belle, le sentier passant juste à côté permet d’admirer l’arrière du rideau d’eau se jetant à pic une vingtaine de mètres plus bas. De retour au cœur de la réserve nous entrons dans une grande volière où de magnifiques toucans aux déjections orange (couleur de la papaye ingurgitée) nous foncent dessus; des sortes de dindons à glotte rouge ou bec bleu squattent les arbres; nous observons de beaux spécimens depuis un petit kiosque en hauteur. En nous dirigeant vers la papillonnerai, un singe-écureuil que j’essaie de photographier tente de me piquer mon appareil photo; plus loin nous croisons une cinquantaine de beaux colibris volant en pagaille dans tous les sens, attirés par les mangeoires. Arrivées dans la papillonnerai, pour la première fois de notre vie nous voyons un papillon, sortant tant bien que mal, de son cocon; le regard émerveillé nous prenons le temps de nous arrêter un moment pour observer tous ces papillons colorés voler tout autour de nous. Un peu plus loin deux paresseux se réveillent de leur sieste, l’un d’entre eux fait des caresses et lèche le visage de l’autre qui a du mal à émerger, ce délicieux instant de tendresse se solde par un baiser bien baveux sur la bouche. Nous poursuivons par le ranarium et ses grenouilles venimeuses multicolores, dont l’une d’entre elles a une allure de robocope. Au serpentarium nous découvrons des spécimens bleu turquoise, jaune vif et vert pomme; un boa constrictor m’offre une danse endiablée à chaque fois qu’il aperçoit la lumière rouge émise par mon appareil photo avant chaque prise... Nous terminons cette magnifique journée en compagnie de félins, un caucel se met à pisser sur Maryline pendant qu’elle prend une photo de lui (décidément, elle a un ticket avec la faune costaricaine...)

Nous récupérons mes parents à l’aéroport, venus tout droit du Belize, et partons visiter le village artisanal de Sarchi connu pour ses chars à bœufs traditionnels aux couleurs vives, et où l’on trouve des poteries, meubles, sacs en bois noble et bijoux en graines. Nous faisons un brin de courses au supermarché, le temps de confirmer à quel point la vie est chère ici; impossible de trouver une tablette de chocolat, nous compensons notre déception par des cannettes JB de whisky coca... Le soir nous préparons notre dîner dans la cuisine de l’hôtel et installons le couvert, quel bonheur de pouvoir manger comme à la maison, ça fait trop du bien... Après Costa Rica - Iguane noirun réveil matinal nous partons au volcan Irazú, volcan actif le plus vaste et le plus haut du pays (3432m) ; au bout d’un moment nous nous retrouvons dans les embouteillages d’heure de pointe dans lesquels j’essaie de zigzaguer pour arriver sur le site avant la brume de 10h. La route ne cesse de grimper, il fait froid et nous alternons brume et petites éclaircis, arrivées sur le site, après une grande plage de scories sous les nuages nous apercevons quelques instants l’eau verte d’un des cratères, une épaisse brume envahit les lieux. Nous faisons une bise à Jose (proprio de l’hôtel où nous logeons) et prenons la route pour Manuel Antonio sur la côte Pacifique (nous délaissons volontairement la côte Caraïbes pour raisons climatiques).

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Ecrit par Marie-Pierre Lavilgrand - dans Carnets de voyages
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30 avril 2012 1 30 /04 /avril /2012 05:39

Sri Lanka - Nuwara EliyaNous chopons un bus à la volée et tombons sur un conducteur fou (« qualité » requise pour être embauché en tant que chauffeur au Sri Lanka...), nous sommes aux premières loges pour apprécier sa conduite suicidaire... A Kandy nous changeons de bus et tombons sur un chauffeur borgne plus tranquille; nous roulons en direction de Nuwara Eliya, région du thé située dans le centre du pays. La route grimpe en lacets à travers les montagnes et serpente entre les nombreuses plantations de thé, cette région verdoyante est magnifique. Nous avons pris les deux dernières places assises, à mesure qu’on avance le bus devient plein à craquer; je fais connaissance avec Jayan, un sri lankais installé à Dubaï, très serviable et désintéressé, ce qui nous change... Nous arrivons à Nuwara Eliya dans la brume, la pluie et le froid, nous nous installons en face d’un beau parc et sortons boire un verre et dîner, impossible de trouver un resto servant de l’alcool, il y a un seul bar dans la ville... fréquenté uniquement par des hommes et pas recommandé aux femmes, nous finissons alors dans une petite boutique d’alcool où il n’y a là aussi que des hommes, car la femme ne boit pas au Sri Lanka. En pleine nuit, des frissons plein le corps et les dents qui claquent, je me réveille congelée, j’enfile alors mes vêtements en thermolite, récupère la couverture du deuxième lit et me blottis contre Maryline. Nous nous réveillons avec le croassement des corbeaux et changeons d’hôtel pour nous rapprocher de la chaleur du centre ville ; au passage nous arpentons le marché alimentaire regorgeant d’épices en tout genre, les bananes que nous achetons puent le poisson.

Le lendemain nous partons à l’aube au parc national d’Horton Plains, la route, bordée de hautes fougères arborescentes et d’arbres recouverts de lichen en liane, traverse de beaux paysages faits de lacs, plaines verdoyantes et plantations de thé. Le soleil se lève et la brume envahie les pâturages bien garnis, parsemés de vaches à lait au pelage brillant. Arrivées au parc nous croisons un groupe de cerfs; le sentier que nous empruntons vaut à lui seul le détour, composé de roches et sable aux tons ocre, brique, jaune, orangé, rouge, rose, violet et noir parsemé de paillettes dorées. Nous prenons une vraie bouffée d’air dans ce magnifique parc où notre ballade est rythmée par les grognements sourds et roques des singe-ours qui se déplacent de branche en branche, le chant d’une multitude d’oiseaux (dont certains émettent le son des claveSri Lanka - Bentotas cubaines) et l’écoulement de la rivière en contrebas. Nous traversons un plateau vallonné à plus de 2000 mètres d’altitude, couvert de pâturages entrecoupés d’épaisses forêts, d’affleurements rocheux et de cascades jusqu’au World’s end (« le bout du monde ») où le plateau s’arrête abruptement pour former un impressionnant escarpement plongeant sur 880 mètres, d’où l’on aperçoit des petits villages et plantations de thé en contrebas et la côte au loin. Nous traversons un petit ponton en bois surmontant une source d’eau et entouré de savane, puis montons un escalier en racines d’arbres jusqu’aux belles chutes de Baker ornées d’un mini arc en ciel. A la sortie du parc un cerf pose pour la photo puis s’approche de la fenêtre pour nous réclamer à manger; un lézard à corne avec d’étranges yeux, des longs doigts fins et une longue queue traverse la route. Un bus tout pourri grimpant tant bien que mal la côte, transporte à son bord des locaux en train de chanter et faire de la musique. Les hommes refont une partie de la route avec un sceau de graviers et un arrosoir de goudron... pendant que les gamins jouent au cricket et les femmes cueillent le thé, le dos courbé dans les plantations et le sac recueillant les jeunes feuilles, accroché au front par une lanière. Les champs en terrasses de carottes, patates, choux et oignons se succèdent; nous traversons un petit village roots aux allées en terre rouge. En dépit de la fraicheur du climat et le temps maussade tous les après-midi, notre superbe matinée au parc national nous invite à prolonger notre séjour dans cette belle région. Nous partons nous promener dans le joli parc Victoria, la saison des fleurs débute et les écoles sont de sortie, une institutrice nous aborde et se renseigne sur nous (habitude sri lankaise), elle nous demande si nous comprenons leur anglais et si nous aimons leur île, puis dégaine son appareil pour nous prendre en photo, récupère notre email et s’en va brusquement. Maryline et moi nous nous regardons l’air interloqué, c’est la prise de contact la plus étrange, speed et distante que nous ayons eu depuis le début de notre voyage. Le soir nous prenons un plat à emporter au resto du coin, que nous mangeons dans notre chambre, une odeur me gêne, je finis par comprendre que ma viande est pourrie...

Le lendemain nous partons en balade dans la région, la route serpente en lacets à travers les belles plantations de thé vallonnées où les cueilleuses tamoules sont à l’œuvre; le Sri Lanka est le second producteur mondial (thé du Ceylan) et Nuwara Eliya, signifiant « ville de lumière », est souvent surnommée « Little England ». Des petits étals de légumes sont posés par terre au bord de la route; nous croisons des bougainvilliers géants, des vergers et rizières jaunes ou vertes en terrasse, ainsi que de belles cascades et des temples hindous très kitchs. Le linge propre étendu par terre ou sur l’herbe sèche au soleil; des hommes travaillent dans uSri Lanka - Nuwara Eliyane décharge publique pendant que des femmes comblent les nids de poule de la route fatiguée. Nous voyons pas mal de pancartes « hotel » qui ne sont en fait que des petits restaurants locaux; dans une boutique où nous achetons un coca, le caissier, à cours de pièces, nous rend la monnaie en chocolats... Le lendemain nous sommes réveillées par une armée de tambours, c’est la fête. Des dizaines de classes du primaire, collège et lycée défilent en musique et en uniformes colorés avec leurs accordéons, mélodicas, trompettes, cymbales et percussions locales, escortées par la police à cheval. Chaque classe exécute son morceau, les rues sont inondées de spectateurs et les hauts parleurs accrochés aux poteaux crachent le discours d’un homme pendant que les marchands de glace déambulent dans les rues.

Après cinq jours passés dans les montagnes nous prenons la route pour Mirissa sur la côte Sud, sur un fond de musique locale, notre chauffeur dévale la pente à fond et oblige les voitures d’en face à stopper net sur leur voie lorsqu’il est en train de doubler parce qu'il refuse l'idée de se rabattre derrière un véhicule lent... A chaque arrêt où les vendeurs de denrées alimentaires montent dans le bus c’est la cacophonie générale; les passagers descendent du bus sans que celui-ci ne s’arrête vraiment (pas l’temps !), ils sont aussi pressés que les parisiens ces sri lankais... Après 7h de route nous échouons dans un petit bungalow à 200m de la plage, que nous atteignons par un petit sentier bordant un cours d’eau, où les singes secouent énergiquement les branches d’arbres pour en faire tomber les fruits (un jacques tombe à deux pas de nous). Le soir nous dînons sur place, je commande un riz blanc et une cuisse de poulet, la serveuse me ramène du riz rouge qui a un fort goût de terre, je lui redemande du riz blanc et elle me ramène un riz à l’odeur nauséabonde que je m’efforce de goûter et que je le recrache aussitôt, un sal goût de fumier collé aux papilles... La nuit dans notre chambre nous avons l’impression d’être en pleine forêt, les cris de singes, oiseaux et autres animaux rythment notre sommeil pendant que les écureuils font la bamboula sur notre toit. Nous avons été mises dans l’ambiance dès notre arrivée à la guesthouse : une peau de serpent est suspendue à un arbuste dans l’entrée et un varan sauvage vient de temps à autre se balader dans le jardin... En fin de journée nous nous posons sur la plage pour admirer le coucher de soleil et passons la soirée avec Charles, un français Bentota - Sri Lankarencontré à la guesthouse, nous buvons l’apéro et dînons les pieds dans le sable sur un fond de reggae et d’odeur de pétard venant d’une table voisine (malgré la peine de mort encourue); des vagues d’un mètre cinquante se succèdent et en milieu de soirée et la mer monte jusqu’aux tables. Tombées du lit, le lendemain nous partons observer la vue sur la baie de Weligama depuis un promontoire, sur le chemin, devant un petit hôtel nous remarquons une pancarte « réservé uniquement aux étrangers » (!) ; nous faisons un crochet par la belle plage de Mirissa, agréablement déserte en cette heure matinale. La patronne de notre guesthouse nous ramène notre linge lavé, tout puant car mal séché, et essaye de nous arnaquer à plusieurs reprises sur l’addition...

Nous filons en tuk tuk à Unawatuna, petite station balnéaire agréable faite d’un croissant de sable doré, baigné par une belle eau turquoise. Sur la route nous croisons de belles pages au sable orangé, parsemées de pirogues à un balancier et de gros rochers; les bœufs se reposent à l’ombre sur l’herbe pendant que les pêcheurs préparent les filets à bord de bateaux de pêche très colorés. Nous remarquons un pêcheur traditionnel assis sur un genre d'échasse plantée dans la mer, un peu plus loin un très grand Bouddha se dresse sur une étendue d’eau, c’est le mémorial du tsunami de 2004, notre chauffeur nous explique que le tsunami a ravagé toute la côté jusqu’à la capitale, la mer a détruit les routes, emporté sur son passage un train rempli de passagers et s’est enfoncée jusqu’à 4km dans les terres. Le tsunami a fait beaucoup de morts car il a eu lieu pendant un long weekend et beaucoup de locaux sont descendus sur la côte à l’occasion, bon nombre d’entre eux n’ont pas pu être identifiés car ils n’étaient pas connus dans la région et il a fallut vite les enterrer avant que des épidémies ne se propagent. Ce qui n'a pas empêché les promoteurs avares de reconstruire des hôtels sur la ligne de marée haute, qui se retrouvent entourés d’eau lors de fortes marées, à croire que la leçon n’a pas été comprise... Nous nous installons dans une chouette chambre à deux pas de la plage avec vue sur la mer et les cocotiers depuis notre lit... Un chauffeur de tuk tuk trainant devant notre hôtel remarque dans le cou de Maryline son petit pendentif en forme de djembé, et nous dit qu’il a des amis dans le coin qui en jouent, nous sommes aux anges car ça nous manque depuis cinq mois... En rentrant du cyber nous rencontrons les trois acolytes avec deux djembés et une derbouka, avec qui nous échangeons quelques morceaux au resto de l’hôtel tenu par leurs amis, les moments où je me retrouve sans percu je pique deux cuillères à soupe derrière le comptoir et improvise un instrument pendant qu’un des serveurs tape en rythme sur un tabouret du bar... Mortes de faim, nous nous offrons un délicieux dîner sur la plage, ce petit village côtier est une vraie bouffé d’air pour nous, tant au niveau du contact avec les locaux que de la communication ou de la gastronomie... nous décidons doSri Lanka - Nuwara Eliyanc d’y prolonger notre séjour.

Le lendemain journée pépère à flemmarder et se balader sur la plage, nous admirons le coucher de soleil à l’heure où les restos allument les torches au dessus des présentoirs de poisson frais; le soir nous nous endormons bercées par le bruit des vagues. Le lendemain c’est la poya (pleine lune) et chaque jour de poya est férié au Sri Lanka, nous prenons le petit dèj devant la mer et échangeons quelques mots avec Yohann (un des musiciens) sur sa culture et les instruments traditionnels. Maana nous rejoint avec sa guitare, une partie du groupe est là, c’est le début d’un pur instant de bonheur... Nous passons la journée à jouer avec deux guitariste-chanteurs et trois percussionnistes qui jouent des chansons internationales revisitées à la locale (...), ainsi que des chansons sri lankaises ressemblant parfois au maloya, tout le monde chante en cœur, y compris les quelques locaux spectateurs. Les tournées d’arak (alcool brun de coco) s’enchainent... nos nouveaux potes aiment beaucoup déconner entre eux, on sent qu’ils ont un fort lien d’amitié; aujourd’hui ils ne s’encombrent pas de l’anglais et parlent essentiellement cinghalais. L’ambiance est géniale, je me sens revivre, leurs rythmes trouvent un écho en moi... le leader du groupe me fait parfois des signes pour que je suive les appels, différents de ce à quoi je suis habituée. Nous achevons cette chouette journée passée avec un des six groupes de percussions du Sri Lanka, par un petit bain dans la mer au coucher du soleil; nous récupérons leur email et les remercions pour ce délicieux instant.

La fin du séjour approche, nous prenons la route pour Bentota, sur la route nous croisons des charrettes à bœufs ainsi qu’un tracteur à l’ancienne transportant du bois; notre chauffeur nous montre le seul bâtiment situé en bord de mer épargné par le tsunami : un temple bouddhiste. A notre arrivée nous sommes déçues car tout est trop cher, la plage ne casse pas des briques et il n’y a que des grands hôtels luxueux avec leur propre resto, nous rendant prisonnières de notre guesthouse. La communication est difficile avec l’épouse du proprio, j’ai l’impression d’être à l’île Maurice (ou en Inde), les gens vous répondent « oui » sans même vous avoir compris ce que vous leur dites... Nous lui commandons un riz blanc, elle nous ramène un riz frit sentant le pourri, je perds patience... Heureusement un magnifique coucher de soleil sur la plage nous fait oublier nos mésaventures gastronomiques sri lankaises. Le proprio nous explique que le climat a nettement changé depuis le tsunami, les habitants passent six mois de l’année sans pluie et les températures sont plus chaudes, les locaux n’ont plus à boire (un tuk tuk vient remplir son jerricane d’eau au puits de notre guesthouse) et la centrale hydroélectrique fonctionne au ralenti, occasionnant un courant aléatoire dans la ville.

Le lendemain nous partons pour Negombo plus au Nord sur la côte Ouest, l’autoroute que nous empruntons est neuve (délivrée en décembre) et déserte, on sent notre chauffeur mal à l’aise car pas habitué à un pareil calme... En contrebas nous apercevons une femmSri Lanka - le sude et sa fille se doucher toutes habillées en plein air avec un sceau. Sur la nationale notre chauffeur occupe les ¾ de la voie d’en face en doublant, malgré le flic à moto arrivant à contre sens... d'ailleurs les flics qui font la circulation sont complètement dépassés... Le soir nous dînons dans un petit resto où le serveur nous propose un change qu'on qualifie rapidement de louche, car bien trop avantageux pour nous, quand on lui explique qu’il y a un truc qui cloche il nous fait un prix encore plus intéressant... Soit il ne sait pas compter, soit il a essayé de nous vendre des faux dollars contre nos roupies... Notre séjour de 5 mois en Asie s’achève ici, c’est la fin d’un beau périple et le début d’un autre, car en bonnes vadrouilleuses nous décidons de prolonger notre voyage sur un autre continent... Ayubowan Sri Lanka !

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Ecrit par Marie-Pierre Lavilgrand - dans Carnets de voyages
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